L’effet Papillon made in Italy

Tout le monde connaît la symbolique de l’effet papillon, comme quoi un simple battement d’aile de ce dernier peut entrainer un cataclysme à l’autre bout de la planète.

Et bien hier soir, considérons que la roue arrière de mon vélo jouaient le rôle d’aile, et le peuple italien le processus exponentiel menant au cataclysme. Explications détaillées:

Hier après-midi, fier de ma nouvelle acquisition à deux roues, je planifiais pour ma journée de repos une petite virée dans les collines véronaises, avec au programme entre autres, le « castello di Montorio ».  castello di Montorio

Mon nouveau vélo, en carbone ultraléger, est une véritable arme de guerre pour avaler les montées à 10%. Je n’imaginais pas à ce moment là qu’il possédait d’autres armes de nuisance en situation de crise…

Alors que le soleil commençait doucement à décliner, je reçus de mes collines véronaises un coups de téléphone d’amis m’indiquant de les rejoindre au plus vite dans le centre-ville de Vérone. L’occasion de tester également la vitesse de pointe de ce nouveau bolide. En à peine un quart d’heure, les remparts de la vieille ville s’élevaient devant moi. Ne me restait plus qu’un croisement et un pont à traverser pour atteindre ma destination, lorsque tout à coups …

la vieille ville

BOUM !!!

Au croisement, la bicyclette d’une femme désirant tourner à gauche et ne m’ayant pas vu dans l’angle mort la dépasser, percute la roue arrière de mon vélo course, perd son équilibre et se couche au milieu de la circulation. Je me rends aussitôt compte de la situation, freine brusquement, descend de mon bolide pour redevenir bipède, et porte aussitôt secours à la victime sans réellement porter attention aux insultes (« deficiente », « cesso » …) qui commencent déjà à fuser de la part des spectateurs directs et indirects de la scène. La propriétaire de la bicyclette, en tombant sur les pavés de la vieille ville, s’est faite quelques petites contusions au mollet et à l’orteil, mais plus de peur que de mal. Je l’aide à se relever, mets sa bicyclette en sécurité sur le bord de la route et m’assure de son état de santé. L’état de choc passé, la victime de l’accident me pardonne de mon imprudence, me rassure sur ses petites blessures et ne demande qu’à rentrer chez elle au plus vite pour désinfecter tout ça. Nous nous serons la main amicalement et je m’apprête à repartir …

L’histoire aurait dû se terminer à ces trois petits points. Mais j’avais oublié un petit détail, nous sommes en Italie, et je ne suis pas italien. Reprenons donc le cours de l’histoire là où nous l’avons laisser.

… un homme seul se met en travers de mon chemin m’empêchant de reprendre mon vélo. Un autre, après avoir observé l’incident, décroche son téléphone portable et étudie les suites éventuelles à donner à l’affaire avec l’un de ces amis. Une femme sur son scooter vespa continue à m’injurier en gardant cependant ses distances. Un couple en ballade sur le pont m’interpelle alors. Le mari prend ostensiblement la victime sous sa protection et l’épouse m’accule dans un coin avec l’aide de l’homme seul pour débuter un interrogatoire improvisé: « êtes vous de Vérone? Non … » (mauvaise réponse). « Etes vous italien? Non …  » (deuxième mauvaise réponse). L’affaire était donc entendue. Elle me demande alors mon numéro de téléphone personnel et ma carte d’identité. Je m’offusque. « Pas de papiers alors que vous êtes étranger? ». L’étau se resserre autour de moi, je ressens une pression impressionnante de l’ensemble de la foule qui s’est désormais ameutée autour de moi, une foule assoiffée de justice et de revanche pour une affaire qui ne la concerne pourtant pas. Ou qui la concerne que trop, la victime fait en effet partie de leur clan. Je cède finalement sur le numéro de téléphone, mais sur les prières de la victime de me laisser en paix, la foule se calme un instant et concède finalement à me laisser reprendre mon vélo et partir.

arme du crime

Hier soir, le mari de cette femme appelait sur mon numéro pour s’assurer des tenants et aboutissements de l’affaire. En tant qu’homme Italien qui se respecte, il ne peut laisser impunie une violation de l’intégrité physique de sa femme. Heureusement plus raisonnable que la foule assoiffée de cette fin d’après-midi, il mit un point d’honneur à clôturer lui-même cet épisode.

Voici comment la justice est rendue en 2009 dans les rues de Vérone. A en regretter le chêne St Louis…

6 commentaires

      1. mais c’est que tu en as de la culture… « le chêne de St Louis »…
        inutile de te rappeler que St Louis est pisciacais de naissance !!!
        comme Alexandre…………
        A propos: St Louis ns rapproche… entre Vincennes et Poissy…

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